| actualités : europe >> 12 nov. 2008
|
 |
|
UNION EUROPÉENNE •
L'héroïne ne connaît pas la crise
|
 |
| L'importante
production d'opium en Afghanistan au cours des deux dernières années
pourrait se traduire par une augmentation de la consommation d'héroïne
en Europe, notamment au Royaume-Uni, s'inquiète l'Observatoire européen
des drogues et des toxicomanies. |
 |
 |
 |
 |
 |
En Afghanistan, un policier détruit les plantes d'un champ de pavot dans la province d'Helmand mars 2008, AFP
|
|
 |
 |
 |
Selon l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT),
la surabondance d'opium sur le marché mondial menace de provoquer une
recrudescence de la consommation d'héroïne en Grande-Bretagne. Le rapport annuel
de l'organisme montre également que, sur les vingt-sept Etats membres
de l'Union européenne, la Grande-Bretagne reste le premier consommateur
de cocaïne pour la cinquième année d'affilée. Il compte en effet
820 000 des 4 millions d'Européens qui en ont "récemment pris".
Cette mise en garde de l'OEDT fait suite à deux récoltes record
d'opium en Afghanistan (8 200 tonnes en 2007 et 7 700 tonnes en 2008,
soit 90 % de la production illégale d'opium dans le monde). Plus de la
moitié provient de la province d'Helmand, centre des opérations
militaires britanniques. "Les conditions météorologiques ont été
favorables aux récoltes, mais les conflits récurrents, en raison des
destructions, de la pauvreté et de l'insécurité générale qu'ils
entraînent, ont été également un facteur important d'augmentation de la
production d'opium", précise une étude sur le trafic d'héroïne vers
l'Europe.
L'OEDT ajoute que les programmes de "développement alternatif"
destinés à persuader les paysans de passer à d'autres cultures ont un
effet très limité. Dans l'est de l'Afghanistan, l'insécurité, le manque
d'eau, le mauvais état des routes et la hausse du prix de l'essence,
associés à la baisse du prix des cultures licites, comme celle des
oignons, rendent difficile l'application de ces programmes. "Les
dernières données montrent à la fois une baisse de la production en
général et une hausse dans le sud de l'Afghanistan, surtout dans la
province d'Helmand, qui a fourni environ 70 % de l'opium produit
en 2008", indique l'étude.
L'Union européenne craint que ces récoltes record ne mettent fin
aux "lents progrès" enregistrés sur le front de l'héroïne en Europe et
n'inversent la tendance à la baisse de la mortalité due à l'usage de
cette drogue. Le nombre de saisies a doublé en Turquie, un important
pays de transit, et a augmenté de 20 % au Royaume-Uni. Les experts
européens de la lutte antidrogue craignent que la baisse récente, au
Royaume-Uni, du nombre de décès liés à la consommation d'héroïne, passé
de 2 171 en 2001 à 1 979 en 2005, ne soit stoppée, voire inversée, à
cause d'un afflux d'héroïne beaucoup moins chère et peut-être plus
forte.
"Les données actuelles ne révèlent pas une croissance épidémique
des problèmes liés à l'héroïne telle que celle qu'ont connue la plupart
des pays européens dans les années 1990", précise Wolfgang Götz, le
directeur de l'OEDT. "Nous ne pouvons toutefois ignorer la menace que
représente l'actuelle abondance d'héroïne sur le marché mondial, les
craintes soulevées par les indicateurs relatifs à la consommation
d'héroïne, ni les signes indiquant que la problématique des opiacés
synthétiques va peut-être en s'aggravant. La vigilance est donc
requise."
|
 |
Alan Travis The Guardian |
 |
|
|
 |